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_13-02-2017

- ... (?)
- Et bien oui ! Ce sont les circonstances atténuantes de la vie, lui répondit-il. Il y a tellement de morts vivant avec leurs défunts.
 
 

 


 

_05-01-2017

Marche sempiternelle vers l'assorti

Comme ça, il marche. Avec une nonchalance assurée, sac Freitag en bandoulière, produit fabriqué avec des bâches de camions, recyclées, argument de vente, achat éthique (?), pull col V bleu azur, c'est l'été, temps maussade, Jeans, Baskets, chemise bleu, azur aussi : certainement prévoit-il de prendre bientôt l'avion pour un ciel assorti. Cette femme derrière, à un mètre le suit, assortie, confiante tout comme lui de cet état de fait, comme il se fera pour ces vacances avec ces millions d'autres, confiants assortis, éparpillés dans le monde. De son séjour il pense déjà tous les bénéfices et richesses à raconter dès leur retour, agrémentés d'avis assurément bien posés sur la vie politique française, de considérations personnelles sur des solutions évidentes à la crise économique, le mariage gay, l'adoption pour tous, la santé publique, l'éducation nationale, les charges patronales, l'implication de la France en Syrie, le prix Nobel de la paix, la nouvelle vague communiste, la montée en puissance d'une pensée fascisante, les conséquences planétaires suite à l'accident nucléaire de Fukushima, manger bio, l'écologie aussi... Année 2013. Il déchire un papier, le jette tout naturellement par terre au milieu des passants de ce quartier de Belleville situé en contrebas de la Campagne à Paris, où peut-être vit-il, maison et jardinet, assortis.
 
 

 


 

_18-12-2016

  Petit aparté
     (Rimoir)

          ut tu
         en ne
        tes set
      tres sert
    bons snob
retracé écarter
 épater retapé
    ecce ecce
      été été
       tôt tôt
        ok ko

 

 


 

_12-11-2016

Son corps est un espace de liberté. Offert, passif, il se donne à l'autre dans l'inertie. Aucune de ses mains ne touche, ou alors rarement, jamais la bouche ne prend ni ne baise, ou alors rarement, les jambes ouverte à la pénétration, flex, corps en boule, de côté ou de dos, à l'envers, toujours couché. Un corps muet. Aucune parole, seulement des gémissements puis des cris puis des cris essoufflés des souffles, essoufflée. Étranglée. Incitation à forcer la parole. Plus profond, forcer le souffle, les cris : que sortent les mots. Rien n'y fait. Ce désir d'obtention, de l'impossible, m'excite, attise les corps séparés, par la fine membrane latex, séparés, par la seule volonté des corps à s'unir et de l'impossible accord en hors-champ. Aucun raccord. Volubile, elle se donne à la parole inutile, hors-champs. La parole incessante emplit l'espace du hors-champs. Une voix-off, sans issue, s'offrant à l'affliction de nos corps aimant. Elle disait. Hors-champs. Après l'amour. Étonnée de ce sexe fait pour elle, de ce corps accordé, imbriqué à elle. Premier matin. Une nuit d'amour passée. Sa bouche se donne à mon sexe. Mécanique. Va et vient. De haut en bas sans trêve, ne pas s'attarder, là, non pas sur le gland, juste le va et vient mécanique rapide. Les cervicales bien accrochées à la tête muette. Jamais assise juste un corps donné pour éviter la mécanique bien huilée du va-et-vient incessant. La peur du vide. La bouche tue pleine de mots hors-champ. Elle, une autre, venant sur mon corps, dans une lenteur telle qu'à se sentir ainsi pénétrée, surprise par une jouissance subite, la sienne, fut propulsée en arrière, à la renverse. Elle, une autre, jouissait ainsi sans mouvement, et finissait, noyée, corps, larmes, et cyprin confondus, confondue. Elle, énumère son corps muet. Hors-champs. Fait les comptes.
Et mes mots d'amour à l'oreille partagés avec nos sueurs et salives, jambes emmêlées, nouées, mon pied contre ton visage un sein dans ma bouche j'empoigne tes fesses, te retenir, t’empêcher de m'engloutir entier, ne t'offrir que l'extrémité et descendre, si lentement, au fond de toi...? Juste cette voix-off, tu dis avoir joui 4 fois, ha bon, rien remarqué tant ce corps muet, ni pleurs ni soubresauts ni mots, peu m'importe. Ou si. Justement. Il m'importe de savoir ce que ce chiffre voudrait bien vouloir dire. Quatre tours au compteur de la mécanique bien huilée, silencieuse. Quatre. S'il était une fois, véritable, j'aurai cru au compte, de fait. Volontiers.

Sans savoir nous y prendre, nous n'avions que le désir de nous plaire :
Cela aurait dû suffire / Cela aurait pu suffire
Rayer la mention inutile.
 

 


 

_01-10-2016

"je devrais être ailleurs et cet endroit n'en fait pas parti"
_David Lean, The passionate friends, 1949.
Envie de grands espaces et d'immobilité.
 

 


 

_03-09-2016

Le serveur, jeune, dynamique et bavard, dépose notre commande à la terrasse du café. Stoppé net, il énonce ce que toi à ma droite, sourire, tu confirmes véhémente, quant à la qualité de mon regard. Il t'aurait toujours troublé dis-tu. Bien après, temps écoulé, quelques mois d'une relation intime fragmentaire étendue sur deux ans, transporte ce regard en eaux troubles. "Rien ne t'échappe, tu regardes tout analyses tout, on a l'impression de ne rien pouvoir faire qui ne t'échappe." Déjà entendu cela. Une autre. Une autre étendue. Une autre fois. Et puis là, encore, avec toi, cette soirée, chez un jeune critique, couple de collectionneurs, homosexuels, apparemment aisés et cultivés, lors d'un apéritif dinatoire. Déambulation, après quelques cordialités. Œuvres accrochées aux murs, appartement vaste, long couloir, peintures, photographies, dessins, sculptures, dans la cuisine, dans le salon, dans la salle à manger, dans l'entrée, encore dans le long couloir, dans les toilettes, dans la chambre ouverte à l'invitation, rien ne déborde, parfait, lit au carré, surplombé d'un grand fusain, un nu. Devant, la télé au pied du lit.
Accrocher des nus aux murs de la chambre était une coutume répandue durant la renaissance, pour qu'au moment de la jouissance, le regard se porte sur ces beaux corps, promesse de beaux enfants. Peut-être devrions-nous placer ces nus, aujourd'hui, dans les salles de musculation, les rayons de supermarchés, salles d'attente, et autres lieux de transite... Passons. Aujourd'hui nous adoptons, ce rêve en un clic, sur nos écrans, au pied du lieu de nos ébats hétéro, homo, solo.
Chambre ouverte à l'invitation, lit au carré, nu au dessus, télé au pied, allumée, une vidéo tourne en boucle. La vidéo, sur la télé, allumée, tourne en boucle, dans la chambre, au pied du lit, face au nu de fusain.
Plus loin, une peinture, Eva Nielsen. Conversation superficielle à propos d'art. Et lui de conclure, "Ha oui, je t'ai vu : tu checkes tout !"
La vidéo, en boucle, dans la chambre, ouverte à l'invitation. Rien n'est prévu, l'appartement tourne en boucle, surement grand ouvert pour l'occasion, tout le monde dans le salon, discussions, rires, bouchon de champagne, musique de fond, personne dans la chambre grande ouverte, à l'invitation. Je checke ?
Fin d'après midi, heure d'hivers, terrasse chauffée, vous êtes deux, sourires, je m'installe à ta gauche, il est en face de moi, quelqu'un d'autre, un autre moment. Ca va ? Tu fais quoi ? Et toi ? Des projets ? C'est intéressant. Elle nous rejoint, dit-il après avoir raccroché. Elle arrive, s'installe, j'ai fait ci et ça, invité à une expo, elle est artiste, sa séparation, avec un artiste, c'est compliqué, un enfant en bas âgé. Revisiter la séparation dans une œuvre pour son expo, les voisins de table, autre conversation, la musique de fond, le serveur dit ne pas être le Père Noël, des rires, de la répartie, il nous servira tout de même de quoi nous sustenter pour accompagner nos verres. Elle, parle, elle parle d'elle, tu me fais du pied sous la table, il remonte un peu ses manches pour bien replacer son bracelet, en profite pour faire de même avec sa mèche de cheveu sur le front, coiffure classique, coupée par un coiffeur sans qualité, elle parle encore, va jeter son anniversaire, il a laissé un tas d'habits et de souvenirs sur le lit, en tas, un souvenir de vacances, ce serait une idée pour en faire une œuvre, pour une exposition, elle irait bien à Venise, voir la biennale, la garde de son enfant, la garde est partagée. Moi, assailli, toutes ces choses, éparses, informations, sollicitations olfactives, auditives, tactiles, et autres, ton pied sous la table, envie de toi, elle et son ego, les voisins, le Père Noel, lui et sa mèche ou sa gourmette, la musique en fond, assailli, de tous cotés, envie de toi, peu bavard. Et toi ? Tu fais quoi ? Tu es artiste ? Elle s'intéresse aussi, à l’autre. Toutes ses informations, cet étalage, assailli, j'emmagasine... Heu, moi ? Je commence par ou ? Rien ne m'échappe ? Rien ne s'échappe de ma bouche. Je m'étale, autrement, comme un tas, sur son lit de souvenirs séparés. Cherche à bafouiller une banalité, sors finalement une provocation à deux balles, énonce peut-être en deux mots ce que je fais dans la vie. Je ne sais plus.

Je checke ?
Je ne contrôle rien.
 

 


 

_11-08-2016


"je connais une femme qui soigne les viandes trop cuites."
Mon fils, à huit ans, possède de précieuses connaissances.
 

 


 

_16-07-2016

Cayenne.


Porsche blanche, immaculée, vitres teintées à l'arrière et sur les cotés, contraste.
Jantes Sport-Edition 21 pouces peintes, avec élargisseurs d'ailes. Fenêtre conducteur ouverte, manque d'air ?... non. Intérieur invisible d’où je suis, légèrement en retrait, trottoir opposé. Feu rouge passe au vert, deux voitures devant, déjà parties. File d'attente, derrière. Bras au dehors. Manque d'air ? non. Teint halé, fin de l'été, origine nord africaine, t-shirt blanc, contraste.
Tête au dehors, cheveux coupés courts, pas rasé, barbe de trois jours, propre, bien taillée. Entre 20 et 30 ans. Bien taillé. 300 chevaux, à 6 300 tours minutes, 0-100 km/h en 7,5 secondes, vitesse maximale 230 km/h etc, prix de départ 60794 TTC. Belle adéquation en contraste.
Les mains épluches un Kinder Bueno White, par la fenêtre, incliné sur le coté, un œil sur le feu, toujours vert, à moins que ce ne soit sur le rétroviseur, viser, bien visser. Les conducteurs attendent, à l'arrière. Autre œil sur l'emballage, ouverture facile, deuxième emballage, transparent, tire la languette plastifiée, dégoupille la barre Kinder Bueno White, cœur fondant aux noisettes et au lait, chocolat blanc, pépites de cacao, contraste.
Blanc. Bien propre, bien taillé, en contraste.
Douceur de fin d'été, peu de circulation, petite file d'attente au feu vert rue de Bagnolet Paris France, il fait doux, légère brise, sans précipitation, quelques goutes en terrasse du café 20 minutes auparavant, si peu, ça ne compte pas, sol resté sec, il fait bon. Lâché du papier plastique transparent ouvert en deux, poussé par le léger souffle chaud, retombe lentement. Deux carrés Kinder Bueno White dans la bouche, la voiture démarre, sans précipitation. Personne ne klaxonne. Effet de l'été, détendu. Le papier prend son envole avant de toucher le sol sous l'accélération de la Porsche Cayenne chocolat blanc, immaculée.
Contrastes.
 

 


 

_05-06-2016

Par l’exemple.

Qu'on me demande mon avis sur des questions politiques, et je sors mon flingue.
Il semblerait que la question de l'éducation, à titre d'exemple, ne concerne seulement les parents, même si au premier chef ce devrait etre les enfants, si l'on voulait bien évaluer entre autre leur bien être dans ce cadre précis. C'est pourquoi certains, parents, agissent en bonne conscience, par usurpation, afin d'user d'un domicile fictif, par exemple, leur permettant d'inscrire leurs enfants dans une école dite "parallèle" dont le fonctionnement correspond tout a fait à leur conception de la démocratie. Ces parents sont aussi prêts à s'investir physiquement, dans une traversée de Paris par exemple, pour accompagner chaque matin leur progéniture en ce lieu estimable de réputation. Certains sont même de fervents défenseurs de la mixité culturelle, allant jusqu'à vivre dans des quartiers populaires hétéroclites, par exemple. Le passage au collège, dans un établissement publique "classique" puisqu'il n'existe pas de parallèle à ce niveau, pose des problèmes de conscience encore moins compliqués. Pour éviter de soumettre leurs enfants à d'éventuelles conflits sociaux du fait de la mixité, comme le racket, par exemple, certains, de ces parents, inscrivent physiquement leurs enfants dans un établissement privé, pensant poser ainsi une pierre d'angle à l'éducation de leurs progénitures comme on le fait pour tout édifice, architectural, social, politique, littéraire, juridique, ou religieux par exemple. Maitre d'ouvrage parmi d'autres, le parent, par exemple, accompagne la construction du monde, par un marquage des différences sociales, mettant en place les jalons d'un futur sur lequel devront naviguer à vue leurs enfants et ceux des autres, une fois adultes. Voilà comment le monde s'érige, sur des bases en partie édifiés par ces gens peu concernés, ces parents, par exemple, certains d'agir en bonne conscience.
Ainsi dégagé de tout problème éthique quant à la politique locale, ici pris en exemple l'éducation, certains, et donc pas seulement ces parents, mais bien une partie de toutes les personnes qui se sentent directement concernées par un objet, comme ici l'éducation, par exemple, s'interrogent sur des problèmes apparemment plus fondamentaux en regard de la politique internationale pour laquelle il n'ont aucun pouvoir d'agissement.
Touristes en conscience politique, votant ou non, peu importe à ce niveau, ce sont les pratiquants des multiples passages du local au global. Car effectivement le monde tourne ainsi, peu enclin à agir sur son environnement proche, à moins, par égoïsme ou égotisme, dans son intérêt propre et immédiat donc. Car effectivement nous ne sommes pas concernés par le regard que nous portons sur le monde, puisque nous possédons suffisamment de jugement critique et de distance. Ainsi de la disparition pure, simple, et progressive, des services publics et de la portée symbolique citoyenne qu'ils engagent, nous sommes tous, certainement, concernés, responsables. Et de l'avenir, reposant sur ce socle fracturé prêt à s'effondrer sous le poids de nos erreurs, nous pourrons enfin dire légitiment que c'était mieux avant, que les temps ont changés, épiloguer sur les nouvelles générations, ou de la décadence...

 


 

_16-05-2016

Le langage a cette faculté de pouvoir exprimer des inepties dans des formes d'excellences qui n'y laissent rien paraitre, emportant l'adhésion quasi-unanime d'une population bien pensante aux prétentions surévaluées d’accession à une classe supérieure. Réciproquement une expression pauvre (le plus souvent pragmatique), peut tout à fait signer l'intelligence, à la différence que celle-ci ne trompe personne peut-être parce que sans prétention.
Est-ce à dire que les formes de l'intelligence sont trompeuses ?

 


 

_10-05-2016

Insatiable.

Il aurait fallu que je nourrisse ta tristesse, que je l'aime à t'en rendre heureuse, pour qu'ainsi je ne te suffise plus.

 


 

_01-05-2016

Faire une introspection par retrospection est amusant mais peu utile en fin de compte. Car si elle permet à posteriori de cerner les projections que l'on a pu faire, c'est pour mieux souligner les signes de mauvaises introjections qui nous conduisent à la répétition de gestes selon des schèmes fatalement irréversibles. Il vaut donc mieux en rire.

 


 

_14-04-2016

Face à l'histoire, le fatalisme de l'après, ou la tragédie d'une fin de non-recevoir.

Je ne sais pas bien oú se situe la pensée du monde aujourd'hui, la critique, le débat politique, l'action sociale, l'art. Les questions de fond sont évacuées et toute action neutralisée.
Ne statuer que sur la forme induit forcément un retour temporel, d'où la redite, la parodie, les considérations passéistes voire réactionnaires, et autres positions nostalgiques. C'est une tragédie, seconde nature de la répétition selon Deleuze - la première, en tant que farce, s'est achevée me semble t il complètement par hasard avec la fin de la guerre froide (une pensée en passant à Orwell inventeur du terme, ce n'est pas rien !). Face à l'histoire, nous butons sur le fatalisme de l'après, ou la tragédie d'une fin de non-recevoir.
Quelles sont les issues ? Comment échapper à la menace permanente de "l'éternel retour" ?
Penser l'histoire dans le cadre d'une phénoménologie de l'echec ?
Construire un État fort en relation avec une société civile libre ?
Qui pense encore le fond aujourd'hui en dehors de toute considération formelle ?

 


 

_10-03-2016

Tentative d'évitement, ou la mélodie de mésententes.


Déjà des corps sont tombés. Chevilles foulées, sommeil gagnant, temps incertain, marathon des corps, démunis désespérés accrochés soutenus l'un contre l'autre, déprimés, en crise, ils tentent de survivre dans la danse. Ne pas craquer. Subsister.
A la fin des années 20, aux Etats-Unis, les corps se serrent, c'est la Grande Dépression, avant le krach, le peuple a faim. L'on invente le Marathon de danse. Une compétition durant laquelle des couples s'affrontent en dansant le plus longtemps possible. Le couple vainqueur gagne. Une centaine de dollars. Les autres concurrents se verront servi une soupe chaude. Subsister.

Subsister encore, dans une tentative d'évitement, sur une mélodie de mésententes.

Ainsi ce hasard qui poursuit, leitmotiv de nos rencontres, séjourne, en fantôme dans mon esprit, furtif impalpable surgissant. La rengaine en corps fébrile, danse, sur la mélodie de mes attentes.

 

http://www.youtube.com/watch?v=XXvDZzaThsc

http://www.youtube.com/watch?v=yc6P-54Ydvo

 


 

_13-02-2016

Si selon James Joyce l'absence est la forme la plus aboutie de la présence, alors face à moi-même je crois bien être arrivé à une forme d'aboutissement.